Le bilan par Georges Elzière, président de la FFCAM et co-président de la Coordination Montagne

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Nous étions ensemble le samedi 25 juin 2016 au matin au Hameau du Casset, près de Serre Chevalier (05), pour la Marche organisée dans le cadre de la FDM 2016. Il en a profité pour nous livrer quelques réflexions sur les origines, les enjeux, et les perspectives de la Fête de la Montagne.

Q : Quelle a été l’origine de la Fête de la Montagne ?

GE : Cela fait 4 ans déjà que la FDM mobilise des acteurs de la Montagne un peu partout en France pour permettre au grand public de découvrir, le temps d’un week-end, tout ce que nos Massifs ont à offrir l’été. Cette mobilisation avait été imaginée à l’origine par les membres de la Coordination Montagne pour encourager et promouvoir l’Alpinisme, autrement dit la montagne à pied, authentique, sans équipements, loin de l’image des stations de ski qui prévaut dans l’imaginaire du grand public.

Q : A en juger par la diversité des offres labellisées FDM aujourd’hui, le projet de départ a évolué ?

GE : Nous nous sommes rapidement rendu compte qu’une manifestation nationale conçue pour faire la promotion de la montagne estivale n’avait de sens que si elle associait un très large éventail de partenaires, montrant ainsi à ceux qui ne sont ni ultra-sportifs, ni montagnards de souche qu’il existe de multiples propositions adaptées à tous les publics et autant de raisons de fréquenter nos massifs l’été. Nous avons donc dû parlé à nos concurrents, apprendre à travailler ensemble.

Q : Cela n’a pas du être une mince affaire?

GE : Réunir des prestataires qui se voyaient jusque là comme des concurrents autour d’une même table, pour leur faire entendre qu’il était dans leur intérêt de se parler et de coopérer n’a effectivement pas été simple. Je me souviens de premières réunions où les propriétaires de camping et des gardiens de refuge se regardaient en chien de faïence. De même que dépasser la notion de territoire pour mobiliser l’ensemble des acteurs sur un projet commun n’est toujours pas chose facile. Il nous a fallu dépasser les querelles pour montrer qu’en construisant une façade commune nous serions plus visibles et mieux représentés les uns et les autres.

Q : Si vous deviez faire un bilan de ces 4 ans ?

GE : Je dirai que de ce point de vue la Fête de la Montagne 2016 est une réussite. Elle commence à ressembler à ce que nous avions dessiné, en réunion, sur un coin de table, à quelques-uns : un espace commun permettant aux acteurs de se connaître, se reconnaître et comprendre l’intérêt de travailler ensemble. Cette année, nous avons ainsi vu augmenter la qualité des évènements inscrits, de plus en plus ils sont le résultat d’une véritable coopération entre les acteurs d’un même territoire. Pour nous c’est un signal fort. Alors oui le public n’est pas encore partout au rendez-vous, mais cela viendra. Pour moi, la vraie réussite de cette manifestation est que nous soyons de plus en plus nombreux à la porter ensemble.